Les débuts du personnage: Sorcière

EVILqueenAu XVIIe siècle, le personnage de la sorcière est repris dans les contes merveilleux en tant que bonne ou mauvaise fée. L’archétype de la mauvaise sorcière apparaît sous les traits de la Fée Carabosse notamment. Le personnage sera revisité par Charles Perrault dans sa version de La Belle au bois dormant puis dans les contes de Madame D’Aulnoy (La Princesse printanière).

Le siècle suivant, la sorcière passera par l’écriture des Frères Grimm en tant que « treizième fée » dans une autre version du célèbre conte. Le duo allemand reprendra d’autres récits merveilleux, comme Blanche-Neige et Hansel et Gretel, dans lesquels les sorcières conservent encore leur image diabolique. Dans sa version « bénéfique », la sorcière est une fée marraine qui est l’adjuvant du héros et de l’héroïne (Peau d’Âne, Cendrillon, La Belle au bois dormant). Dans ce cas, on préfèrera délaisser le terme de « sorcière » pour celui le mélioratif « magicienne ».

 

La fée Carabosse

evil witchÀ l’opposé des belles et bonnes fées marraines des princesses des contes merveilleux, la fée Carabosse est vieille, laide et méchante. Incarnation du personnage-type de la méchante marraine ou vieille fée, elle doit son nom au fait qu’elle est bossue « à trente-six carats », c’est-à-dire vraiment très bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse héroïne de La Belle au bois dormant.

Maléfique

La sorcière

 

LWHITEwitcha sorcière, personnage énigmatique et légendaire, est née avec les premiers hommes de la Préhistoire. L’origine des sorcières vient de l’antiquité la plus reculée. Elle est chamane, cet intermédiaire entre l’Homme et les esprits de la Nature, gouvernée par la Déesse-Mère. Sa connaissance des plantes et de leurs pouvoirs fait d’elle une extraordinaire guérisseuse et une sage-femme efficace. L’hommage à la Déesse-Mère perdure avec l’Antiquité notamment avec les cultes rendus à Démeter.

 

La déesse-mère

déesse-mèreLes expressions modernes Déesse mère ou Grande Déesse ou encore déesse primordiale font référence à divers cultes qui auraient été rendus à une « mère universelle » du paléolitique à aujourd’hui. (Des dénominations semblables existent dans les autres langues : Magna Mater, Grande Madre,…). Ces expressions renvoient à un supposé culte primitif de la fertilité qui aurait été universellement pratiqué à la fin de la préhistoire. Ce culte, dans lequel la figure de la femme aurait tenu une grande place et revêti une dimension sacrée, aurait consisté essentiellement en une vénération de la Terre, de la fertilité et de la fécondité.

Seated Mother Goddess flanked by two lionesses from Çatalhöyük (Turkey), Neolithic age (about 6000-5500 BCE), today in Museum of Anatolian Civilizations in Ankara: Les fouilles archéologiques ont révélées la présence de figures féminines aux caractères sexuels hypertrophiés appelées Vénus paléolithiques, la plus connue étant la Vénus de Willendorf. Des archéologues ont interprété ces statues comme des déesses4, mais plusieurs dizaines de milliers d’années séparent ces statues des cultes connus livrés aux déesses sumériennes, grecques, celtiques, nordiques ou hindoues.

Ces figures féminines recouvrent divers aspects : terrestre, aquatique, tellurique, agricole, éolien et ce, à travers le monde. Astarté-Ishtar (déesse sémitique), Isis (déesse funéraire de l’Égypte antique), Mari (déesse basque), Atargatis (déesse syrienne), Cybèle ou Magna Mater (divinité d’origine anatolienne et hourrite), Marica (déesse latine, région de Garigliano), Anaïtis (déesse adorée jadis par les Lydiens, les Arméniens et les Perses), Aphrodite, Rhéa, Gê ou Gaïa (grecque), ou encore Déméter (déesse grecque de l’agriculture et des moissons), Myriam ou Shing-Moo (sainte Mère des Chinois).

La sorcière, un personnage indispensable au conte

SORCÈRE2

S’il est un personnage que l’on retrouve de manière récurrente dans la littérature jeunesse, c’est bien celui de la sorcière. Bonne ou vilaine, elle continue de séduire enfants et adolescents. Pourtant, la réalité historique est tout autre. Tour à tour admirées puis tourmentées, ces femmes d’un autre genre ont connu bien des déboires qui ont alimenté leur légende au fil des siècles. Pour comprendre le personnage, ses aspects et ses pratiques, décrits aujourd’hui dans la littérature jeunesse contemporaine, il faut d’abord remonter dans le temps et saisir le sens de ses métamorphoses. Nous suivrons ensuite l’évolution du personnage dans d’autres genres littéraires, jusqu’à l’analyse de quatre ouvrages dédiés à la jeunesse actuelle. La sorcière d’aujourd’hui est-elle celle d’hier ? Peut-on encore parler de bonne et de mauvaise sorcière ?